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Le réseau ARGO et les analyses Coriolis

Fabienne Gaillard, Emmanuelle Autret et Stéphanie Guinehut

 

 

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A partir des données ARGO et de Coriolis, les outils d’analyse mis en œuvre au centre de données Coriolis fournissent chaque semaine une carte des champs de température et de salinité à différents niveaux. On voit sur la carte de la semaine (Figure 1), que la couverture est déjà presque globale. Les déploiements à venir permettront de combler les trous qui subsistent  et amélioreront  la qualité de la restitution dans les zones marginalement observées.  Si les données ARGO ne sont pas les seules disponibles, c’est de loin le jeu de données le plus complet par sa couverture mondiale, l’échantillonnage vertical et la combinaison des deux paramètres température et salinité.

Figure 1 : Carte globale de température à 10 m reconstruite à partir des données ARGO/Coriolis disponibles au centre de données Coriolis.

 

La mise en place du réseau s’est faite progressivement depuis le début des années 2000. Certains bassins sont ainsi observés de façon presque continue depuis 5 ans. C’est le cas de l’Atlantique Nord qui a bénéficié des premiers ensemencements européens et Nord-américains. Sur cette région il est déjà possible de constituer l’état moyen de l’océan sur la période 2000-2004. Si l’on compare par exemple la température moyenne à 20m, à celle obtenue à partir de toutes les données des années 1970-1999 (Figure 2), on remarque un net réchauffement parfois supérieur à 1°C (rouge) de la quasi totalité de l’Atlantique Nord. Ce signal n’est pas limité aux couches de surface, le réchauffement atteint 1000 mètres dans certaines régions. A plus grande profondeur le signal s’inverse et c’est majoritairement un refroidis-sement que l’on observe vers 1600 mètres

 

Figure 2 : Différence entre la température moyenne à 10 calculée à partir des données ARGO/Coriolis sur la période 2000-2004 et la température moyenne à 10 m estimée à partir de données historiques couvrant la période 1970-1999.

 

Un signal fort a ainsi été mis en évidence et quantifié sur un bassin et durant une période assez courte. L’extension et la poursuite du réseau global permettront d’en déterminer les échelles de temps et d’espace et d’en comprendre le mécanisme pour enfin évaluer les conséquences de ce changement sur l’évolution du climat.

 

Les analyses offrent la possibilité de faire des comparaisons sur des périodes plus courtes. Ainsi, la température moyenne de surface (50m) de l’été 2005 a été comparée à la température estivale moyenne climatologique. Les anomalies ainsi obtenues montrent que :

des phénomènes transitoires de petites échelles  prévalent dans certaines région : dans la partie du nord de l’océan Pacifique par exemple on observe une alternance de zone plus froide et plus chaude due à la présence de tourbillons (alternance de bleu et de rouge) ;

 

alors que des phénomènes de plus grandes échelles sont visibles dans d’autres régions et notamment en Atlantique où des anomalies chaudes (dominance de rouge) sont observées dans les parties Nord et Sud ainsi que dans les tropiques. Cette dernière anomalie est favorable à la génération de cyclones tropicaux (comme ceux qui ont touchés les côtes américaines). En effet, la formation des cyclones est  conditionnée par la température de surface en zone tropicale, qui doit être supérieure à 28°C.

 

Figure 3 : Différence entre la température moyenne à 50 m de l'été 2005 et la température d'été  climatologique à 50 m.

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Last update 27/09/2005
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