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Du rôle des flotteurs ARGO pour l'étude de la couche de surface océanique et du système climatique Clément de Boyer Montégut
L'océan de surface est la région de l'océan qui est en contact avec l'atmosphère. Il est le siège d'une forte turbulence océanique causée notamment par le vent et par les pertes de chaleur induites par l’atmosphère. Par conséquent l'océan de surface est la plupart du temps verticalement homogène en caractéristiques telles que température, salinité et densité, et est donc appelée Couche Mélangée Océanique.
La couche mélangée océanique est primordiale dans l'étude du système climatique puisqu'elle est la véritable responsable de l'effet tampon entre l'atmosphère et l'océan. Tous les échanges de masses et d'énergie entre océan et atmosphère ont lieu à travers la couche mélangée océanique. Cet effet tampon provient de la très grande capacité thermique de l'océan par rapport à l'atmosphère : l'énergie nécessaire pour chauffer de 1°C la colonne d'atmosphère (environ 40 km d'épaisseur) est égale à celle qu'il faut pour chauffer de 1°C une couche d'océan de 2.5 m d'épaisseur. L'océan superficiel peut donc stocker énormément d'énergie sans élévation notable de sa température. L'épaisseur ou profondeur de la couche mélangée océanique détermine donc le contenu thermique de la couche océanique qui interagit directement avec l'atmosphère.
Figure 1 : Cartes globales de la profondeur de la couche de mélange océanique en février (FEB), mai (MAY), août (AUG) et novembre (NOV). (Haut) Sans les données ARGO. (Bas) Avec les données ARGO.
Depuis l'année 2000, le réseau mondial ARGO constitue un formidable outil pour la connaissance de la couche mélangée océanique puisqu’il fournit des profils de température et de salinité jusqu’à 2000m et qu’il peut fournir des données dans les régions difficiles d’accès, comme l'océan austral en hiver. La figure 1 présente un atlas de la profondeur de couche mélangée océanique pour 4 mois de l'année, avant et après la prise en compte des données ARGO (collectées jusqu'en Avril 2004). La qualité du champ est meilleure avec une couverture nettement améliorée grâce aux données ARGO. La profondeur de la couche mélangée océanique dans l'Océan Indien, encore mal connue, est ainsi complétée presque entièrement par les données ARGO (voir le projet Flostral à ce sujet). Il en est de même pour les régions australes en août (hiver austral) ou le centre du pacifique nord en février.
Outre une meilleure connaissance de la profondeur de couche mélangée océanique, un tel atlas est très utile pour aider à valider les modèles numériques océaniques et améliorer la représentation de la couche mélangée océanique. Cela participe finalement à la compréhension de la dynamique océanique et à une meilleure prévision de l'évolution de notre système climatique.
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